Lettres

Gottschalk a très tôt quitté sa famille à la Nouvelle Orléans puis quand sa mère et ses sœurs l'ont rejoint en France, il est reparti peu après aux Etats-Unis. Il a alors enchaîné ses nombreux voyages et tournées et ne pouvait rester en contact avec la plupart de ses proches qu'avec des relations épistolaires. Une faible part des lettres qu'il a pu écrire à ses amis ont été retrouvées. Cependant, les lettres écrites à sa famille ont été partiellement conservées. Elles renseignent sur les humeurs, les états d'âme de Gottschalk mais apportent aussi certaines de ses réflexions. Nous avons récupéré certaines lettres conservées à la New York Public Library. Elles sont quasi exclusivement écrites en français. L'écriture de Gottschalk est souvent difficile à déchiffrer, est parfois partiellement effacée mais, heureusement, ceux qui les ont récupérées ont fourni un bon travail de déchiffrage avec une version dactylographiée directement traduite en anglais. Lorsque nous n'avons pas pu déchiffrer certains mots en français, nous nous sommes donc appuyés sur ces traductions pour retrouver les mots originels. Lorsque le mot n'est pas certain, il est indiqué en rouge dans le document, et lorsque il est inconnu ou illisible par la notation [...].

Lettre de Gottschalk à ses sœurs, Baltimore, le 19 juillet 1864

La première lettre que nous vous proposons a été écrite par Gottschalk le 18 juillet 1864. Il rayonne alors autour de Baltimore, donnant des concerts à Harrisburg, Manchester... Il décrit alors à ses sœurs restées en France quelques anecdotes et son désir d'aller au Mexique où il place beaucoup d'espoir dans la présence de Maximilien à la tête de ce pays. L'histoire nous apprend que ses plans changeront lorsqu'il devra fuir plus tard la Californie à la fin de l'année 1865. Il ne donnera jamais de concert au Mexique.

 Lettre de Gottschalk à sa mère, New York, 15 février 1856

Dans cette lettre, Gottschalk décrit ses succès alors qu'il se produit régulièrement dans plusieurs salles de concert (principalement les salles Dodworth et Niblo).  Il se plaint dans sa lettre que ses dépenses sont plus importantes que ses recettes. Il s'agit pourtant déjà de sa cinquième "soirée musicale" à New York depuis décembre 1855 et on en comptera 16 jusqu'à mai 1856, toutes affichant en général complet et rendues de façon très élogieuse dans la presse. On remarquera aussi dans cette lettre que Gottschalk traduit un article de journal new-yorkais en français. La famille de Gottschalk vient en effet des quartiers français de la Nouvelle Orléans où la connaissance de l'anglais n'était pas indispensable. La langue maternelle de Gottschalk est bien le français, langue dans laquelle il écrit ses notes de voyage.

Lettre de Gottschalk à ses sœurs, Saint Louis, 19 décembre 1863

Gottschalk écrit cette lettre juste avant noël, époque où il donne avec succès des concerts dans le Missouri et l'Illinois autour de Saint Louis (Alton, Dayton, Sangamo...). De par l'entremise de son impresario Maurice Strakosch, il se produit alors avec le ténor Brignoli et le violoniste Carlo Patti, frère de la célèbre cantatrice Carlotta Patti dont il fait mention ici. Comme dans toute les lettres écrites à ses sœurs, il commence par indiquer son état de santé. Il faut dire qu'il a celle-ci très fragile et s'en plaint assez souvent dans sa correspondance. S'il se dit "en bonne santé" il évoque un état grippal persistant. Il parle aussi  du blues de la vie de pianiste itinérant, comme il le fera dans plusieurs autres lettres que vous trouverez ici. Il donne des nouvelles de son frère Gaston qui vit alors aussi aux Etats-Unis. Il évoque aussi son cousin Leonard Myers, membre du congrès depuis 1862 et son ami le musicologue Oscar Commettant qui prit soin de son frère Edouard, mort quelques mois auparavant de la tuberculose.

Lettre de Gottschalk à ses sœurs, Baltimore, 12 juin 1864

Gottschalk prend ici un peu de repos chez des amis, ce qui est assez rare dans son rythme effréné de concerts. Il parle encore ici de son frère Gaston.