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Origines de Louis Moreau Gottschalk

La légende
Aimée Bruslé ou l'origine créole de LMG
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Edouard Gottschalk ou l'origine juive de LMG
Le mariage d'Edward Gottschalk & Aimée Bruslé.

Nous savons bien que l’originalité de la musique de Gottschalk doit beaucoup à ses origines créoles, son amour de ces terres ensoleillées, son enfance à la Nouvelle Orléans. Cependant, beaucoup de questions ont de tout temps été soulevées sur ses origines. Gottschalk était-il d’ascendance juive, était-il noble, venait-il d’une famille riche et puissante… ? Tant d’affirmations contradictoires ont été relayées par Gottschalk lui-même, sa famille et ses biographes qu’il semble indispensable de nous pencher sérieusement sur les origines de notre génial virtuose.

La légende

Lisons "Histoire(s) de famille". Gottschalk nous dit, un moment, en parlant de Saint Domingue : “Mon aïeul, le comte de Bruslé, gouvernait alors le quartier de la Petite-Rivière. » Gottschalk serait donc d'origine noble ?

Si nous lisons la biographie par Escudier [1], nous avons plus de détails  :
Gottschalk est né à la Nouvelle-Orléans, de Marie-Aimée de Bruslé et d'Edouard Gottschalk. Son bisaïeul maternel, le comte Antoine de Bruslé, colonel de cavalerie sous Louis XV, était gouverneur à Saint-Domingue, lors de l'insurrection des nègres qui eut lieu vers la fin du siècle dernier. Après avoir, à la tête des troupes coloniales, lutté bravement contre les insurgés et vu périr sous ses yeux sa femme et presque tous ses enfants, il fut traqué dans les bois par ses anciens esclaves, et parvint à s'échapper, grâce au dévouement d'une vieille mulâtresse, une espèce de sorcière, qui lui fit traverser, nuitamment, le camp des insurgés. Son fils aîné, le comte Camille de Bruslé, et sa femme gagnèrent à la nage, et sous le feu de ceux qui les poursuivaient, une goélette anglaise qui longeait la côte, et émigrèrent à la Nouvelle-Orléans.
Edouard Gottschalk, jeune Anglais, docteur es sciences de l'Université de Cambridge, que l'amour des voyages avait poussé vers l'Amérique, se fit présenter au comte de Bruslé, et ne tarda pas à épouser Mlle Aimée, sa fille.

La propre sœur de Gottschalk, Clara, raconte dans la préface des « Notes of a Pianist » [2]:

« Ses ancêtres maternels, tous français d’origine noble habitaient l’île de Saint Domingue. Son arrière Grand père, Antoine de Bruslé, Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis était commandant ou gouverneur du quartier de la Grande Rivière, Comté de Saint Rose, dans la partie nord de l’île. Son fils, Théodat Camille de Bruslé, quand les Anglais prirent possession de Saint Domingue, devint officier dans l’armée anglaise de George II et ensuite, en tant que capitaine des chasseurs de Saint George dans le régiment du colonel et baron de Montalembert, il prit la défense de l’île. Dans la terrible insurrection et massacre qui prit place lorsque les anglais abandonnèrent l’île, le Commandant de Bruslé fut tué et le Capitaine de Bruslé s’échappa avec d’autres vers diverses îles antillaises et en Louisiane, alors en possession du gouvernement français. Le 16 Janvier 1800, le Capitaine de Bruslé, qui avait fui en Jamaïque, se maria avec Madame Marie Joséphine Alix Deynaut qui s’était aussi échappée de l’île  avec son père, le lieutenant Louis Christophe Deynaut, et sa mère, Dame Marie Thérèse Vallade.

Après le mariage, le capitaine de Bruslé émigra avec sa femme et ses beaux-parents à la Nouvelle Orléans. Septs enfants furent le fruit de ce mariage parmi lesquels Madame Aimée de Bruslé, remarquable par sa beauté, sagesse et génie musical. Madame de Bruslé, à l’âge de 15 ans, fut mariée à Mr. Edward Gottschalk, un courtier d’une grande richesse, homme de fine culture et éducation et linguiste remarquable (il parlait huit ou neuf langues). Le 8 mai 1829, Madame Gottschalk donna naissance à son fils aîné, Louis Moreau Gottschalk. Il fut nommé ainsi d’après un oncle du côté de sa mère, le comte Moreau de L’Islet. » 

Clara nous donne ici un grand nombre d’informations et n’oublie pas une seule particule pour la famille Bruslé. Cependant, ici, Antoine de Bruslé est commandant ou gouverneur (c’est déjà une nuance) et n'a pas survécu à l'insurrection. De même, la Petite Rivière devient Grande.

La deuxième sœur de Gottschalk, Celestina, indique, elle [3]  :

« Le nom de Maman était Aimée Marie de Bruslé. Celui de Papa Edward Gottschalk. Il est né à Londres, étudia pour être docteur  à Leipsig mais abandonna à l’âge de 25 ans et partit en Amérique où, en 1828, il se maria à notre mère à la Nouvelle Orléans. Elle avait seulement 15 ans.  En 1829, notre cher frère Moreau naquit. Il était comme on nous  l’a toujours dit un très sage et délicat bébé mais extrêmement beau »

Ici, Edward Gottschalk n’a pas fini ses études.

Marmontel donnera plus tard Edouard Gottschalk Docteur es Sciences de l’université de Cambridge [4], retenant alors certainement la version d'Escudier. .

En tout cas, d’après ces témoignages, Gottschalk viendrait d’une famille noble, influente à Saint Domingue avec un aïeul commandant ou gouverneur d’un quartier de St Domingue et son père était un très riche courtier.

Les biographies récentes, en particulier celles de F.Starr [5] et de R. Hamel [6] ont respectivement nuancé ou largement détruit ces affirmations.

Nous avons donc essayé de faire quelques recherches sur la généalogie de Gottschalk pour mieux comprendre ses origines.

Aimée "De" Bruslé ou l'origine créole de Louis Moreau Gottschalk.

La mère de Gottschalk tenait à sa particule et a même demandé à ce qu'elle soit inscrite sur sa tombe. Cependant, tel que le signale R. Hamel, celle-ci est absente de tous les registres administratifs [6].

En faisant quelques recherches sur la famille Bruslé, comme nous pouvons la trouver plusieurs fois citée dans le journal "Généalogie et Histoire de la Caraïbe" [7-11], cette particule est aussi absente. Pouvons-nous cependant conclure à l'absence d'ascendance noble ? De nombreuses familles nobles ne portent en effet pas de particule. En tout cas, il est étrange de voir que Moreau de L'Islet devient Moreau Lillet, que la grand mère appelée par les Gottschalk Mme Deynaut de Vallade devient Mme Deynaut, née Vallade, particule placée dans ces deux cas entre les deux noms ; pratique qui semble bien fréquente.
Nous constatons cependant dans une branche cousine Mme de Lagrange (arbre généalogique A). Contrairement à ce qu'affirme R. Hamel, Gottschalk a bien des liens de parenté avec cette influente "aristocrate" de Paris. Ainsi, nous comprenons mieux comment Gottschalk, en affichant une parenté avec cette Mme de Lagrange et indiquant son ascendance aristocratique que cette dernière ne pouvait sans doute pas contester, a pu avoir accés facilement aux salons parisiens et se faire vite connaître lors de son arrivée à Paris.

Penchons nous un peu plus sur la branche maternelle d'Aimée Bruslé.

Les Deynaut

Voici un arbre généalogique partiel et non définitif de Gottschalk avec une insistance sur la branche des Deynaut.

GA

Arbre généalogique A : Des Deynaut à Aubrey Gottschalk -
( En vert, alliances nobles ; En jaune, ancêtres remarquables)

Remontons au début du 18ème siècle avec l’arrière arrière grand père de LMG.
Jacques Christophe Deynaut, né en 1713, un habitant de Monségur, en Gironde, part à  Saint Domingue, sans doute pour gérer une plantation. Il épouse en 1749 Elisabeth Torel qui lui donnera deux enfants : Jacques Louis (1745-1791) et Louis Christophe (1753 -) qui deviendront planteurs à leur tour [7]. Veuve dès 1755, Elisabeth Torel, avec deux garçons en bas âge, se remarie en 1758 avec Jacob Vincent Moreau, officier et capitaine de Bataillon [10] . Ils vivent à Le Cap Français. De ce second mariage naîtront trois enfants, Louis Casimir Elisabeth, Vincent Pierre Benjamin et Elisabeth Francois Ignace. Vincent Pierre Benjamin est indiqué comme mort au cours d’une insurrection dans le district de Haut du Trou.
Elisabeth Francois Ignace Moreau épousera Joseph Merlhy de Lagrange, juriste. Après Dondon (St Domingue) et Philadelphie (USA), elle part à Paris. Son mari sera avocat au conseil du roi en 1820.
Louis Casimir Elisabeth Moreau, sans doute l’ancêtre le plus illustre de LMG (appelé Louis Moreau L’islet) inspirera le prénom de Gottschalk. D’abord avocat et juge de paix au Cap, Louis Moreau L’islet s’établira à la Nouvelle Orléans et intercèdera auprés de son beau-frère le comte de Lagrange pour obtenir auprès du roi des dédommagements pour les immigrés français de Saint Domingue. Devenant un juriste important, il est nommé procureur général en 1817. Il est co-auteur du code pénal de la Louisiane, adopté en 1825[12]. Sa vie fait l’objet d’une récente biographie.[13]
Louis Christophe Deynaut, le demi-frère de Louis Moreau Lillet, se maria en 1779 avec Marie-Thérèse Lucille Vallade, l’arrière grand mère de Gottschalk, dans la ville de Dondon. Elle aura 3 ou 4 filles dont Marie-Joséphine Alix Louise Lucille. Après l’insurrection de Saint Domingue et la fuite des colons, Marie-Joséphine rejoint la Jamaïque. Elle rencontre là-bas le capitaine Théodat Camille Bruslé. Celui-ci, un temps rallié à l’armée anglaise pour essayer de reprendre les positions tenues par les insurgés à Saint Domingue restera en Jamaïque et investira dans le café [6]. Ils se marient en 1800 et rejoindront la Nouvelle Orléans en 1806. 8 enfants naîtront de ce mariage, dont Aimée Bruslé, la mère de Gottschalk. A la Nouvelle Orléans, après diverses acitvités de négoce, Théodat-Camille rachètera une grande boulangerie à son beau-frère le Comte d'Aquin avec 11 esclaves en 1815. Penchons nous un peu plus sur cette famille Bruslé, soi-disant aristocratique.

Les Bruslé

GB

Arbre généalogique B : Branche des Bruslé

Tout semble remonter à la Rochelle avec Jean Bruslé (1682?-1723?) directeur de la chambre de commerce. Dans GHC, il est indiqué comme le frère de Pierre Bruslé de Beaubert.[11] D’où vient cette particule ? La mère s’appelle Toraille et non Beaubert. Pourquoi Jean ne la revendique-t’il pas alors qu’il semble être l’aîné ?
Jean épouse en 1707 Marie Madeleine Barreau qui lui donnera 9 enfants.
Antoine Exupère Bruslé, né en 1718, partira à Saint Domingue, sans doute avec toute sa famille après la mort de son père en 1723. En effet, son oncle Pierre Bruslé de Beaubert s’y installera aussi.
Antoine épouse Victoire Sara Chauvet. L’arrière-grand père de Gottschalk, Joseph Antoine Bruslé, nait à Saint Domingue [6]. Dirigeant une plantation de café, il épousera Marie Anne Rasse. Des enfants qui naîtront, mis à part le grand père de LMG, Théodat Camille, notons Françoise Hortense qui se mariera à un noble, Louis Victor Fauques de Jonquières.[14]
Sur l’acte de mariage, notons que Joseph Antoine est cité comme capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis et surtout commandant du quartier de la Grande Rivière à l'île Saint-Domingue, et rejoint ainsi les écrits de Clara Gottschalk.
Joseph Antoine, de même que son frère Pierre mourra en 1794, massacré par les rebelles.

Edward Gottschalk ou l'origine juive de Louis Moreau Gottschalk

 

GC

Arbre généalogique C : Branche des Gottschalk

Concernant l'origine des Gottschalk, nous sommes aidés par les articles de Bertram W. Korn [15] et de Thomas Marrocco [16]. En effet, peu d’informations nous est donnée sur le père de Louis Moreau par lui-même, ses soeurs ou les premiers biographes. Edward Gottschalk semble totalement ignoré. Malgré l'attachement indéniable de Louis Moreau à son père, celui-ci représente des valeurs dont Gottschalk veut sans doute se détacher. Il fait en effet le commerce d'esclaves, entretient une deuxième famille avec une affranchie et a sans doute aussi eu des enfants avec des esclaves [6]. Les origines juives ne sont pas non plus ouvertement indiquées, certain ancien biographe écrivant même, en dépit des nombreuses preuves historiques, qu'Edouard Gottschalk n'était pas juif. Les nazis, par contre, mettront Gottschalk au rang des compositeurs bannis. Contrairement aux Bruslé, bien implantés à la Nouvelle Orléans, Edward ne vient pas de l'univers Créole, cher à Gottschalk mais d'Angleterre et d'Allemagne, pays qui n'attireront jamais Louis Moreau. En fait, les Gottschalk viendraient peut-être même de Hongrie, de la ville d'Eisenstadt [15].

L'arrière grand père de Gottschalk, Eliakim ben Abraham, rabbin, viendrait en effet de là-bas. Il est parfois appelé aussi Jacob Hart le Rabbin
Son grand père Lazarus ben Levi Gottschalk épousa Shinah Harris. Ils auront au moins 7 enfants. La plupart, sinon tous, émigreront aux Etats-Unis, principalement à Philadelphie et la Nouvelle Orléans. Notons que, mis à part Edouard, presque tous feront des mariages juifs. Ainsi la soeur Fleurette qui épousera Arnold Myers. Gottschalk sera très ami avec ses cousins Annie et Léonard Myers (1827-1905). Léonard deviendra membre du congrès en 1862 et sera réélu jusqu'en 1874[17]. Personnage républicain, il partagera et influencera sans doute les idées politiques de Gottschalk.

Le Mariage d'Aimée Bruslé et d'Edouard Gottschalk.

Mariée à 15 ans, il semble évident qu'Aimée n'a pas épousé Edward par amour. Nous pouvons donc nous demander quel est l' intérêt pour une jeune créole blanche catholique d'épouser un juif de 33 ans venu d'Angleterre ?

A cette époque, Théodat-Camille Bruslé, le père d'Aimée, a perdu une grande partie de son influence. La boulangerie achetée à son beau-frère le comte d'Aquin [16], a fait banqueroute en 1823 et il semble ruiné [6]. Un riche courtier juif est donc un excellent parti pour Aimée.

Edward, arrivé à la Nouvelle Orléans au début des années 1820 n'est pas pratiquant même s'il reste un membre actif de la communauté juive [15]. N'ayant pas terminé ses études scientifiques, il optera pour les affaires, notamment avec son frère James. Ces affaires comportent notamment la vente et l'achat d'esclaves, activité naturelle pour l'époque. La Nouvelle Orléans est alors une ville comportant une forte population d'esclaves mais aussi de noirs/mulâtres affranchis qui avaient fui les insurrections de Saint Domingue. Certains prospèreront et auront eux-mêmes terres et esclaves. Il n'est alors pas rare que les filles de ces familles fréquentent la classe blanche dirigeante et nombreuses sont celles qui deviennent les maîtresses de riches blancs. Ainsi, la jeune Judith Rubio (16 ans) devient la maîtresse d'Edward en 1822.(Starr) Ils auront ensemble plusieurs enfants. Leur union est totalement assumée et Edward Gottschalk pourvoit aux besoins de cette famille, Judith devenant un prête-nom pour ses affaires. A sa mort en 1834, Edward deviendra d'ailleurs le tuteur des enfants.

En 1828, les affaires d'Edward semblent marcher et il ne lui manque qu'une meilleure intégration dans l'élite blanche créole de la Nouvelle Orléans. Aimée, petite nièce de Louis Moreau Lislet est donc un bon parti. La famille Bruslé a aussi eu son lot d'enfants nés de mulâtres ou d'esclaves. La liaison d'Edward avec Judith Rubio ne semble ainsi pas être un frein au mariage d'Aimée et Edward qui se déroulera le 24 mai (Réginald Hamel retranscrit l'acte entier). C'est un mariage catholique mais Edward ne s'est pas pour autant converti (Il semble avoir opéré cette conversion sur son lit de mort). En tout cas, s'il a juré fidélité à Aimée, il n'en tiendra pas compte et aura encore une fille, Alcide, avec sa maîtresse mulâtre en 1833.
Six mois après ce mariage, l'entreprise d'Edward fait faillite. Jusqu'à sa mort, Edward en connaîtra de nombreuses. Même si certaines faillites seront stratégiques et engrangeront plus de profits que de pertes (Edward semble être un vrai spéculateur), Edward mourra totalement ruiné. C'est l'oncle de Gottschalk, Auguste, qui paiera l'enterrement. (Louis Moreau est lui-même sans le sou en 1853).[6, 16]

 

Références :

1. L. Escudier. Mes Souvenirs, les virtuoses. 1858

2. C. Gottschalk Peterson dans Notes of a Pianist. 1881

3. O. Hensel. Life and Letters of Louis Moreau Gottschalk. 1870

4. A. F.. Marmontel. Les pianistes célèbres. 1878

5. F. Starr. Louis Moreau Gottschalk. 1995

6. R. Hamel. Louis Moreau Gottschalk et son temps. 2005

7. G.H.C. Numéro 34 : Janvier 1992 Page 495

8. G.H.C. Numéro 37 : Avril 1992 Page 565

9. G.H.C. Bulletin 78 : Janvier 1996 Page 1520

10. G.H.C. Numéro 107 : Septembre 1998 page 2316 

11. G.H.C. Numéro 109 : Novembre 1998 page 2360-2361

12. D. Veach. La. legal system provides a lesson in genealogy. 2theadvocate.com. 2008.

13. A. Levasseur. V. Feliú. Moreau Lislet : the man behing the digest of 1808. 2008

14. J-B. P. J. de Courcelles. Dictionnaire universel de la noblesse de France. p.384

15. Bertram W. Korn. A Note on the Jewish Ancestry of Louis Moreau Gottschalk, American Pianist and composer. American Jewish Archives. Nov. 1963. p.117-119

16. W. Thomas Marrocco. Gottschalkiana : New Light on the Gottschalk's and the Bruslés. Louisiana History: The Journal of the Louisiana Historical Association 1971. 12(1):59-66.

17. Biographical Directory of The United States Congress.